Châteaudun : L'ancienne usine PICART-LEBAS
| Nostalgie - Chaque fois que je descends à Châteaudun, je ne peux m'empêcher de passer devant l'ancienne usine des Téléphones Picart-Lebas, rue des Fouleries, l'usine où j'ai débuté ma carrière professionnelle. |
Extrait de mon ouvrage "Guidé par les ondes" : Je « débarquais » donc à Châteaudun le 2 janvier 1983, où j’allais découvrir l’usine de La Boissière : les services administratifs et les services études d’un côté de la rue, et l’usine proprement dite de l’autre côté. |
Les origines - Comme expliqué par Jean Hardy dans son ouvrage "Esquisse d'histoire industrielle et sociale de Châteaudun de 1935 à nos jours", la Société des Téléphones Picart-Lebas (TPL) fut fondée en 1905, et s'implanta à Châteaudun en 1917, à l'emplacement de l'ancien moulin de la Boissière, rue des Fouleries. A cette époque, les militaires qui lui avaient confié d'importantes commandes, souhaitaient éloigner leurs industries stratégiques en province, à l'abri des canons ennemis. |
L'usine a connu de belles heures à Châteaudun. En 1920 l'usine comptait déjà 400 employés, principalement des femmes, mais le krack boursier de 1929 eut de grosses conséquences sur la production, et sur les effectifs qui allaient passer sous la barre de 100. Ce n'est qu'à partir des années 60 que l'usine va connaître ses heures de gloire avec de nombreuses commandes de grands groupes tels Renault, SNCF, RATP... Ainsi, en 1983, lorsque j'ai embauché, près de 1200 employés travaillaient encore à Picart-Lebas ! Avec le rachat de la société par MATRA, et le passage de l'électromécanique à l'électronique, la tendance allait malheureusement s'inverser, et l'usine de La Boissière allait se vider en quelques années. |
L'usine de La Boissière - Unité de production
La Chapelle - Aussi incroyable que ça puisse paraître, l'usine de la Boissière possédait un joyau méconnu : une chapelle ! Celle-ci fut élevée au bord du Loir par les Templiers vers la fin du XIIe siècle, dans le plus pur style roman, lors de la fondation de la commanderie de la Boissière. Au travers des siècles, la chapelle a connu une existence hors du commun, livrée davantage aux activités industrielles qu'à sa vocation religieuse. La chapelle fut un temps, le siège de la confrérie des Foulons, qui avait installé ses ateliers dans la rue des Fouleries, au bord du Loir, et dans les années 1980 la Société des Téléphones Picart-Lebas y avait même installé l'un de ses ateliers ! |
L'usine de La Boissière - La Chapelle
43 ans plus tard - Les bâtiments sont toujours là, et si certains sont encore occupés aujourd'hui, l'épopée industrielle de La Boissière fait partie du passé, il n'y a même plus d'industrie téléphonique à Châteaudun ! |
L'usine de La Boissière vue du Loir
Alors, quel avenir pour l'usine de La Boissière ?